Après une année 2025 faite de soubresauts; krach d’avril, rebond poussé par l’IA, rotation géographique vers l’Europe et le Japon les marchés abordent 2026 avec un mélange d’optimisme prudent et de vigilance. Les sondages et notes de banques pour la fin 2025 indiquent que les professionnels tablent sur des gains modérés en 2026 comparés au rallye de 2025, soutenus par des bénéfices d’entreprise robustes mais limités par des risques macro.
Deux grandes dynamiques retiendront l’attention :
- La course aux taux: Les attentes d’un assouplissement monétaire (coups de pinceau sur les probabilités d’une coupe des taux par la Fed) continuent de dicter les flux. Quand le marché parie sur des baisses de taux, l’appétit pour le risque remonte (actions, valeurs cycliques), mais cela dépendra fortement des données d’inflation et de l’emploi. Les récentes nouvelles montrent que ces paris sur des coupes de taux alimentent encore la hausse des actions en Europe et ailleurs.
- L’IA & la profitabilité réelle: L’IA reste un moteur probable de performance pour 2026 : plusieurs institutions projettent des créations de revenus et des gains de productivité, ce qui pourrait soutenir les valorisations tech. Mais la question cruciale est la traduction de cet enthousiasme en flux de trésorerie durable : sans confirmation, la prime de valorisation restera fragile.
Trois scénarios plausibles (2026–2027)
1) Scénario optimiste
- Conjoncture : inflation continue de baisser, banques centrales commencent à couper légèrement les taux, croissance synchronisée modérée (US/EU/Asie).
- Mécanique marchés : rotation vers les actions cycliques, appétit pour le risque, gains nourris par l’IA et de solides résultats d’entreprises.
- Chiffres-repères annoncés par les banques : des maisons comme Deutsche Bank ou J.P. Morgan publient des cibles ambitieuses par exemple Deutsche Bank a évoqué un S&P 500 autour de 8 000 d’ici fin-2026 dans son scénario le plus optimiste, tandis que d’autres maisons (J.P. Morgan) ciblent des niveaux élevés mais un peu plus prudents (7 500). Ces projections illustrent l’espoir d’un rallye additionnel soutenu par les profits et l’IA.
2) Scénario central (probabilité la plus élevée selon la majorité des sondages)
- Conjoncture : inflation qui reflue lentement, banques centrales adoptent une posture accommodante mais prudente, croissance mondiale modérée.
- Mécanique marchés : gains modérés en 2026, inférieurs à la forte année 2025 mais positifs les indices pourraient progresser en moyenne en s’appuyant sur les bénéfices ; la dispersion restera grande entre secteurs. C’est le message d’un récent sondage Reuters : marchés prêts à gagner encore en 2026, mais avec une performance plus mesurée que celle de 2025.
3) Scénario pessimiste (risque réel)
- Conjoncture : nouvelle flambée de l’inflation (énergie/composants), restrictions commerciales accrues, aggravation géopolitique ; banques centrales contraintes de maintenir ou relever les taux.
- Mécanique marchés : correction profonde (reprise de la volatilité), rotation vers les valeurs défensives et cash, pertes sur les titres les plus surexposés à des valorisations élevées (notamment certaines “winners” AI/tech).
Implications concrètes pour 2026–2027
- Diversification : reste la règle d’or. Plusieurs secteurs et zones (Europe, Japon) ont des valorisations attractives par rapport aux États-Unis ; capitaliser sur cette diversification limitera le risque de concentration. (rappel du bilan 2025)
- Prudence sur la concentration tech : même si l’IA peut soutenir des performances supplémentaires, privilégier les titres ou fonds avec des preuves de génération de cash plutôt que la simple promesse de disruption.
- Trésorerie & liquidités : conserver une poche de liquidités permet de profiter des replis, particulièrement si la volatilité revient.
- Horizon d’investissement : pour les entreprises et investisseurs longue durée, 2026–2027 peut offrir des points d’entrée attractifs, surtout sur les marchés européens et japonais si les valorisations restent raisonnables.
- Surveillance macro : gardez un œil sur les publications d’inflation, les chiffres d’emploi US, et les décisions de banques centrales elles resteront le facteur déclencheur le plus immédiat des mouvements de marché.
En bref
Pour 2026–2027, la meilleure posture combine diversification géographique, sélection fondée sur la profitabilité réelle, et flexibilité (liquidités/rééquilibrages). Les projections ambitieuses (ex. S&P 8 000) montrent ce qui est possible si tout tourne bien mais elles ne doivent pas remplacer une allocation prudente adaptée au profil de risque de chacun.