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Dépenser l’argent de la banque, pas le mien !

19 octobre 2025 par
Dépenser l’argent de la banque, pas le mien !
caissecooperativedaquitaine

1. Le réflexe classique : “je dépense ce que j’ai”

Quand vient le moment d’acheter une voiture, de financer des travaux ou simplement de se faire plaisir, la plupart des Français adoptent le même réflexe : puiser dans leur épargne.

C’est une habitude ancrée, presque intuitive “j’ai de l’argent, donc je l’utilise.”

Mais dans une logique patrimoniale, ce geste est souvent une erreur économique.

Car en retirant ses fonds d’un placement performant, on interrompt le rendement et on perd le pouvoir des intérêts composés.

“C’est comme arracher un arbre pour récolter un seul fruit”, résume avec humour un conseiller indépendant. “On obtient un gain immédiat, mais on détruit la capacité de croissance.”

Aujourd’hui, il existe pourtant une alternative beaucoup plus intelligente : utiliser l’argent de la banque sans toucher au sien.

2. Le principe : laisser son argent travailler et utiliser celui du banquier

C’est une approche simple, mais redoutablement efficace :

plutôt que de dépenser votre capital, faites-le fructifier, et empruntez sur la base de sa valeur.

Autrement dit :

  • votre épargne reste investie,

  • elle continue de générer des intérêts,

  • et c’est la banque ou l’assureur qui vous avance les liquidités dont vous avez besoin.

Pendant ce temps, le rendement de votre placement rembourse, en tout ou partie, le coût de cette avance.

“Les épargnants pensent trop souvent qu’ils doivent choisir entre sécurité et liquidité. En réalité, on peut avoir les deux, à condition de structurer intelligemment son patrimoine”, explique Élodie Martin, conseillère en gestion de patrimoine à Lille.

3. L’avance sur contrat : se servir sans casser son épargne

Prenons un exemple concret.

Vous disposez de 100 000 € placés sur une assurance-vie ou un PEI à rendement fixe de 4,5 %.

En un an, votre capital génère 4 500 € d’intérêts.

Or, vous avez justement besoin de 4 500 € de liquidités pour un projet personnel.

Au lieu de retirer vos fonds, vous pouvez simplement demander une avance à votre assureur une sorte de mini-prêt adossé à votre contrat.

Votre capital reste investi,

Il continue de produire 4,5 % d’intérêts,

Et ces intérêts permettent de rembourser naturellement l’avance.

En clair : vous avez utilisé l’argent de la banque, pas le vôtre.

Votre capital n’a pas bougé, votre rendement non plus.

“C’est une approche que les grandes fortunes utilisent depuis des décennies : faire levier avec le capital sans jamais le liquider”, souligne Arnaud Lefèvre, directeur d’un cabinet de conseil patrimonial à Bordeaux. “Aujourd’hui, ces solutions deviennent accessibles à tous.”

4. Acheter une voiture sans toucher à son capital

Autre scénario, encore plus parlant :

vous souhaitez acheter une voiture neuve à 30 000 €.

Vous avez la somme sur votre compte, mais vous décidez de ne pas l’utiliser directement.

À la place, vous placez ces 30 000 € sur un support à rendement fixe de 11 % et vous les mettez en nantissement auprès de votre banque.(Obligations à terme bloquant vos fonds pour une période pouvant aller de 5 à 10 ans, mais idéal dans notre cas )

Celle-ci vous accorde un prêt personnel du même montant.

Votre épargne continue à produire environ 3300 € d’intérêts par an,

Ces intérêts servent à rembourser partiellement ou totalement le prêt,

Vous conservez votre capital intact à la fin de l’opération.

Résultat :

  • Vous avez votre voiture,

  • Votre argent continue de travailler,

  • Et votre patrimoine global reste stable, voire croît légèrement grâce aux intérêts.

“J’ai acheté ma voiture avec un crédit, alors que j’avais la somme sur mon compte. C’est contre-intuitif, mais mon capital a continué à générer des revenus pendant toute la durée du prêt. Au final, j’ai dépensé sans m’appauvrir”, témoigne Philippe, 47 ans, kinésithérapeute libéral à Nice.

5. Pourquoi cette méthode est gagnante

Cette stratégie repose sur trois grands principes de la finance patrimoniale :

Faire travailler chaque euro

Un euro investi produit des revenus. Un euro dépensé, non.

En conservant son capital investi, on maintient la machine des intérêts composés, qui est la clé de tout enrichissement durable.

Utiliser le levier du crédit à son avantage

Quand le coût du crédit est inférieur au rendement de votre placement, vous êtes en position gagnante.

Optimiser la fiscalité

Les avances sur contrats d’assurance vie ne sont pas considérées comme un rachat, donc non imposables tant que le contrat reste en place.

C’est une façon de profiter de sa liquidité sans déclencher d’impôt.

6. Des outils à portée de main

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ces stratégies ne sont pas réservées aux investisseurs fortunés.

Elles reposent sur des produits accessibles :

  • Assurance-vie : possibilité d’avance de 60 à 80 % de la valeur du contrat, souvent à taux préférentiel.

  • PEI : solution intéressante pour préparer la retraite tout en conservant une capacité de levier.

  • Contrats à rendement fixe ou obligataires : sécurisent les revenus et permettent des projections précises.

“Un particulier peut parfaitement bâtir une stratégie de levier patrimonial à partir de 50 000 ou 100 000 € d’épargne. L’essentiel, c’est la cohérence et la discipline”, explique Élodie Martin.

7. Les précautions à prendre

Bien sûr, “dépenser l’argent de la banque” n’est pas synonyme de liberté totale.

Certaines règles doivent être respectées :

  • Toujours comparer le rendement du placement et le taux du prêt.

  • Prévoir une marge de sécurité en cas de baisse des taux ou d’imprévus.

  • Ne pas mobiliser tout son patrimoine en nantissement.

  • Et surtout : être accompagné par un conseiller capable de calibrer l’opération selon votre profil.

Un professionnel saura ajuster la durée du prêt, le choix du support, le montant de l’avance et les impacts fiscaux pour que la mécanique reste vertueuse.

8. “L’argent doit travailler, même quand on dépense”

La différence entre un bon épargnant et un investisseur intelligent, c’est la façon d’utiliser le capital.

Le premier le protège ; le second le met au travail, y compris quand il consomme.

“Dépenser l’argent de la banque, pas le mien”, ce n’est pas une provocation, c’est une philosophie patrimoniale.

Celle de ceux qui comprennent que la richesse ne se mesure pas à ce qu’on possède, mais à ce qu’on fait produire à ce qu’on possède.

9. la liberté financière commence par la stratégie

Dépenser intelligemment, c’est refuser de sacrifier son capital pour des besoins ponctuels.

C’est adopter la logique de l’investisseur : faire fructifier l’argent avant de le consommer.

Grâce aux outils modernes de gestion patrimoniale, il est désormais possible de vivre confortablement sans entamer son patrimoine, de financer ses projets sans freiner sa croissance financière, et de bâtir une sérénité durable.

Parce qu’au fond, l’argent le plus puissant, c’est celui qu’on ne dépense pas.


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