L’année 2025 marque un tournant pour l’or. Longtemps considéré comme une valeur refuge classique un « actif ballast » pour se prémunir contre l’incertitude le métal jaune a connu une montée fulgurante, portée par un cocktail de facteurs économiques, monétaires et géopolitiques. Au fil des mois, l’or a franchi des seuils autrefois jugés lointains, revisitant des sommets historiques et redéfinissant sa place dans les portefeuilles d’actifs.
Dès le premier semestre, les signes étaient là : selon des données relevées fin juin, l’once d’or valait environ 3 287,45 USD au second fixing de Londres, ce qui représentait déjà une belle progression. Mais plus frappant encore : sur 2025, le métal a vu son prix exprimé en euros grimper de manière spectaculaire, avec des hausses parfois à deux chiffres.
Au cours de l’année, la tendance s’est amplifiée. À plusieurs reprises, l’or a été poussé vers de nouveaux sommets. À la rentrée, le cours a touché des niveaux record, notamment évalué la nuit à 3547 USD l’once selon un relevé (même si le prix a ensuite légèrement reculé).
En résumé : 2025 s’affirme comme une année exceptionnelle non seulement par l’ampleur de la hausse, mais aussi par le caractère structurel des forces sous-jacentes.
Pourquoi l’or flambe les moteurs de la hausse
Pour comprendre pourquoi l’or a autant monté cette année, il faut observer un ensemble de dynamiques convergentes :
1. Un climat monétaire et financier changeant la faiblesse du dollar, l’inflation, les taux
L’un des éléments majeurs explique la montée de l’or : le contexte monétaire mondial.
Aux États-Unis en particulier, l’idée d’un assouplissement des taux d’intérêt ou du moins d’un ralentissement de la hausse des taux a alimenté l’appétit pour les actifs non rémunérateurs comme l’or. Moins d’intérêt sur les obligations, un dollar affaibli… tout cela renforce l’attractivité du métal jaune comme alternative et protection. Plusieurs analystes l’ont relevé.
Par ailleurs, dans un univers où l’inflation reste un sujet, l’or conserve son rôle de couverture contre l’inflation et la dépréciation monétaire. Les craintes liées à la dette souveraine, au déséquilibre des déficits, et à la montée de l’endettement public dans plusieurs pays renforcent cette perception.
2. Une demande institutionnelle et officielle banques centrales & ETFs
Un autre moteur, plus structurel : la demande d’or des banques centrales et des investisseurs institutionnels, ainsi que les flux vers les ETF (fonds indiciels adossés à l’or).
Selon l’une des principales institutions financières mondiales, Deutsche Bank, la demande officielle et celle via les ETF absorbent une large part de l’offre disponible, ce qui laisse moins de métal disponible pour des usages comme la joaillerie.
Dans sa note de fin novembre 2025, Deutsche Bank a d’ailleurs revu à la hausse ses prévisions pour 2026, soulignant « une demande inélastique de la part des banques centrales » et une dynamique favorable des flux d’investissement.
Ce soutien institutionnel donne à l’or un socle beaucoup plus solide qu’une simple spéculation il s’agit d’un repositionnement stratégique de nombreux acteurs majeurs.
3. L’instabilité géopolitique et macro-économique le retour de « l’or refuge »
En 2025, le contexte international reste marqué par des incertitudes : dettes souveraines, incertitudes politiques, nervosité sur certains marchés, défis macro-économiques en Europe, tensions géopolitiques… Autant de signaux susceptibles de peser sur les actifs risqués. Dans ce contexte, l’or reprend son rôle de valeur refuge.
L’or se positionne alors non comme un pari spéculatif, mais comme une assurance patrimoniale un actif stabilisateur, capable de traverser les tempêtes économiques et monétaires.
4. Un nouveau profil de volatilité entre records et corrections
L’année 2025 n’est pas seulement celle de la hausse. Elle est aussi marquée par une volatilité accrue. Les révisions répétées des taux d’intérêt, les anticipations de décisions des banques centrales, les fluctuations du dollar, ou encore les réactions des marchés financiers à des nouvelles macroéconomiques créent un cadre instable.
Pour certaines périodes, des corrections ponctuelles ont été observées. Mais le schéma global reste haussier : l’once d’or s’est maintenue, et souvent redressée après chaque recul. Ce retour parfois rapide confirme un intérêt soutenu pour le métal, même à des niveaux historiquement élevés.
Où en est l’or début décembre 2025
À la date actuelle début décembre 2025 l’or reste sur des niveaux très élevés. Selon des sources récentes, le cours spot évolue autour de 4 205,78 USD l’once.
Autrement dit, malgré des soubresauts, le métal conserve presque toute sa valeur record. Et de nombreux analystes estiment que cette dynamique pourrait se prolonger, si les conditions macroéconomiques, monétaires et géopolitiques demeurent favorables.
Il n’est donc pas exagéré de dire que l’or est à ce jour dans une période « glorieuse », un peu comme une renaissance de son rôle de valeur refuge, mais dans un contexte nouveau, plus globalisé, plus soumis aux flux institutionnels et aux stratégies macro-économiques.
Les scénarios pour 2026 : entre prudence et ambition
Quand on regarde vers 2026 et au-delà, les prévisions pour l’or sont à la fois ambitieuses et nuancées. Plusieurs grandes institutions financières ont récemment mis à jour leurs estimations, reflétant à la fois l’optimisme et un certain réalisme.
Une prévision modérée mais solide
Pour commencer, Deutsche Bank positionne son scénario central à 4 450 USD l’once en moyenne pour 2026, avec une fourchette envisagée entre 3 950 et 4 950 USD. Dans ce cadre, l’« étage plancher » le niveau en-dessous duquel l’or ne devrait pas descendre serait autour de 3 900/4 000 USD/oz.
Ce scénario modéré repose sur l’idée que la demande institutionnelle (banques centrales, ETF) reste forte, mais aussi sur l’hypothèse d’une relative stabilisation macroéconomique, sans choc extrême.
Un scénario optimiste le retour aux ambitions ambitieuses
D’autres acteurs sont plus optimistes. Par exemple, Bank of America (BofA) voit un chemin possible vers 5 000 USD l’once en 2026, si les conditions favorables persistent : dette élevée, inflation, politiques économiques un peu atypiques, faibles rendements obligataires. Pour eux, l’or pourrait encore “monter d’un cran”, porté par l’attrait renouvelé de la diversification et de la protection contre les risques macro.
Quant à Goldman Sachs, ses prévisions sont également ambitieuses : certains de ses scénarios évoquent un prix autour de 4 900 USD l’once d’ici fin 2026.
Dans ces projections optimistes, l’or redevient un actif de refuge prioritaire, un peu comme dans les périodes de crise sauf que cette fois, la dynamique est alimentée par des décisions macro-économiques globales, des flux institutionnels, et une remise en cause des monnaies fiduciaires.
Les limites : pourquoi le métal reste sensible
Mais ces scénarios ne sont pas assurés. Plusieurs facteurs pourraient limiter la montée de l’or ou provoquer des retournements :
- Si la politique monétaire américaine (via Federal Reserve la Fed) surprend en augmentant les taux ou en restant plus « hawkish » que prévu, l’attrait pour l’or pourrait souffrir : le coût d’opportunité des obligations/actifs rémunérateurs remonterait. Plusieurs analystes de Deutsche Bank l’ont déjà noté.
- Un retour de confiance dans les marchés actions, une normalisation du dollar, une détente géopolitique ou un apaisement des craintes macro — tout cela pourrait inciter les investisseurs à réduire leur exposition au métal.
- Enfin, même si la demande institutionnelle semble solide, elle pourrait ralentir : les banques centrales pourraient modérer leurs achats, ou les flux vers les ETF diminuer si les valorisations semblent élevées.
Bref : l’or reste un pari, un pari séduisant mais un pari soumis aux aléas du climat monétaire, économique et politique.
Qu’est-ce que cela signifie pour un investisseur (ou un épargnant) aujourd’hui
Quand on observe le contexte et les perspectives, plusieurs constats s’imposent selon que l’on soit prudent, modéré, ou ambitieux.
L’or comme “assurance patrimoine”
Pour un investisseur cherchant la stabilité et la protection, l’or a aujourd’hui un intérêt renouvelé. Avec des perspectives plutôt stables ou haussières, et un soutien institutionnel fort, le métal peut jouer le rôle d’“assurance” face aux incertitudes inflation, tensions géopolitiques, volatilité des marchés.
Investir un peu d’or via des lingots, des pièces, ou des fonds adossés à l’or peut offrir une diversification utile : c’est un actif dont le comportement n’est pas totalement corrélé aux actions ou à l’immobilier.
Un pari réfléchi sur l’avenir mais avec prudence
Pour celui qui voit plus loin, l’or peut représenter un pari potentiellement intéressant sur un futur où les déséquilibres mondiaux (dettes, inflation, fragilité des monnaies) pourraient se creuser. Dans un scénario favorable (taux bas, demande institutionnelle, volatilité des marchés), l’or pourrait atteindre 4 900–5 000 USD/once en 2026.
Mais c’est un pari : ce type d’investissement ne garantit pas un rendement élevé et l’investisseur doit être prêt à accepter des phases de recul, de stagnation, voire de volatilité importante.
Pour qui l’or a le plus de sens aujourd’hui
- Ceux qui veulent protéger un capital contre les crises, l’inflation, ou l’incertitude macro.
- Ceux qui ont déjà une partie du patrimoine en actions, immobilier ou obligations, et cherchent à diversifier.
- Ceux qui croient à un avenir d’instabilité monétaire ou économique, et veulent miser sur le long terme sur la résilience ou l’appréciation de l’or.
Pourquoi 2025 pourrait marquer un nouveau paradigme pour l’or
Ce qui distingue 2025 des précédentes années, ce n’est pas simplement la hausse des prix. C’est la nature même des dynamiques en jeu beaucoup plus structurées, plus globales, et moins “spéculatives”.
Longtemps, l’or était perçu comme un refuge ponctuel : quand l’économie vacille, quand l’inflation monte, quand les marchés boursiers dévissent. Mais ces déclencheurs restaient souvent ponctuels, ou liés à des événements particuliers.
Aujourd’hui, l’or semble s’imposer à nouveau, non comme un placement refuge temporaire, mais comme un actif stratégique, pris au sérieux par des acteurs majeurs : banques centrales, gestionnaires de patrimoine, investisseurs institutionnels.
Quand de grandes banques comme Deutsche Bank révisent leurs prévisions à la hausse, ce n’est pas anodin. Elles anticipent un environnement durable de demande élevée, de contraintes d’offre, de flux massifs vers le métal jaune.
De plus, la géopolitique, les dettes souveraines, la fragilité des monnaies fiduciaires, la volatilité des marchés : autant de facteurs qui, combinés, redonnent à l’or une pertinence largement renouvelée.
Autrement dit : 2025 pourrait marquer la renaissance de l’or non pas comme simple refuge de circonstance, mais comme pilier de patrimoine à long terme.
Les incertitudes ce qu’il faut surveiller
Malgré ces arguments en faveur de l’or, plusieurs zones de vigilance restent nécessaires.
La politique monétaire américaine
L’un des risques majeurs vient de la possibilité que la Federal Reserve (Fed) adopte une posture plus dure en 2026 par exemple en maintenant des taux d’intérêt élevés ou en revenant sur l’idée de baisse. Dans ce cas, le coût d’opportunité pour détenir de l’or augmente, ce qui pourrait peser sur la demande. Plusieurs analystes soulignent ce risque.
Un possible retour de la confiance dans les marchés « risqués »
Si l’économie mondiale montre des signes de stabilisation croissance en Europe, stabilisation des dettes, apaisement géopolitique les investisseurs pourraient revenir vers les actions, l’immobilier, les actifs à rendement, au détriment de l’or. Dans ce cas, la demande pour le métal refuge pourrait diminuer, ou du moins ralentir.
Le comportement des acteurs institutionnels
L’un des mollets de la dynamique actuelle, c’est la demande institutionnelle (banques centrales, ETFs). Si ces acteurs ralentissent leur rythme d’achat pour des raisons stratégiques, de valorisation, ou ailleurs cela pourrait affaiblir le support sous-jacent de l’or.
La volatilité inhérente des matières premières
L’or reste une matière première, soumise à des fluctuations importantes. Même dans un contexte global favorable, des chocs inattendus (monétaires, économiques, géopolitiques) peuvent provoquer des corrections sévères. L’investisseur doit être prêt à accepter ces oscillations.
Un regard vers l’horizon 2026 et au-delà
Quand on lève les yeux vers 2026 et les années suivantes, plusieurs scénarios se dessinent de la prudence mesurée à l’ambition affirmée.
D’un côté, le scénario “raisonnable” : l’or continue de profiter d’une demande institutionnelle solide, d’un contexte monétaire incertain, d’un dollar moyennement fort, d’une inflation persistante et reste globalement stable, oscillant autour de 4 400–4 600 USD/ounce.
De l’autre, le scénario “haussier” : les métaux précieux or en tête retrouvent leur rôle de pilier de la diversification patrimoniale ; l’or profite d’un affaiblissement durable des monnaies fiduciaires, d’une hausse de la dette, de tensions géopolitiques et atteint 4 900–5 000 USD l’once, voire plus, d’ici la fin 2026.
Mais au-delà des chiffres, c’est une reconsidération de la place de l’or qui est en jeu. L’or pourrait redevenir pour de bonnes raisons un composant central des portefeuilles patrimoniaux, un actif stratégique pour naviguer dans un monde incertain, instable, en mutation.
Pourquoi cela peut intéresser un public plus large pas seulement les « investisseurs »
Il ne s’agit pas seulement d’un jeu de traders ou d’investisseurs institutionnels. La dynamique de l’or en 2025-2026 touche un public beaucoup plus large épargnants, retraités, particuliers cherchant à diversifier leurs placements, personnes soucieuses de préserver leur pouvoir d’achat.
- Pour un particulier prudent, l’or peut être vu comme une assurance contre l’inflation et la dépréciation monétaire. En période d’incertitude, c’est un refuge tangible, concret.
- Pour ceux qui investissent dans l’immobilier, les actions, les placements financiers, l’or peut être une diversification utile un actif qui ne réagit pas toujours comme les autres.
- Dans une vision patrimoniale à long terme transmission, retraite, prévoyance l’or peut jouer un rôle de stabilisateur, de “filet de sécurité”, en particulier si les économies traversent des phases de turbulence.
Ainsi, même si le prix de l’or peut sembler élevé voire intimidant aujourd’hui, sa logique de prévoyance et de protection peut en faire un choix rationnel, posé et réfléchi.
En conclusion : un métallo-jubilé pour l’or, mais gardons la tête froide
L’histoire de l’or en 2025 ressemble à une renaissance un renouveau de l’intérêt pour un actif ancien, pourtant souvent relégué à un rôle secondaire. Les conditions mondiales instabilité, incertitudes, dettes, inflation, politique monétaire redonnent à l’or tout son éclat.
Mais ce renouveau ne fait pas de l’or un placement sans risque. Il reste soumis à des cycles, à des aléas, à des réactions de marché parfois brusques. L’or 2025-2026 n’est pas un pari gratuit : c’est un pari éclairé, avec des chances élevées de succès mais aussi des zones de vigilance.
Pour un investisseur (ou un épargnant), la question n’est plus de savoir si l’or a un sens mais comment l’insérer dans un portefeuille, avec quelle proportion, et pour quels objectifs (protection, diversification, spéculation, long terme, court terme).
2025 pourrait rester dans les livres comme l’année où l’or a prouvé qu’il n’était pas simplement un “accessoire” patrimonial, mais un actif stratégique à part entière. Pour ceux qui sauront le manier avec prudence, connaissance et stratégie l’or peut redevenir, durablement, un pilier de valeur sûre.